Humanhood
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résumé
La musique de Tamara Lindeman, alias The Weather Station, semble s’étendre et se replier à chaque nouvelle création. Ce projet de longue date a connu un tournant en 2021 avec <i>Ignorance</i>, son cinquième album, qui a élargi son univers folk rock en y intégrant des sonorités rappelant des groupes de pop sophistiquée comme The Blue Nile et Prefab Sprout. L’année suivante, <i>How Is It That I Should Look At the Stars</i> réduisait ses arrangements à leur plus simple expression. Avec <i>Humanhood</i>, son septième album, Lindeman redéfinit encore une fois son approche sonore : tout en conservant l’ambiance nocturne si magnifiquement cultivée sur <i>Ignorance</i>, ces 13 morceaux – enregistrés initialement sur bande au cours de deux séances d’improvisation à la fin de 2023 – explorent des genres qui vont du psychédélisme effréné des années 60 à du jazz sombrement teinté, en passant par des collages sonores mêlant paroles et musique.
Aux côtés de ses fidèles instrumentistes qui l’accompagnaient déjà dans les séances d’<i>Ignorance</i>, Lindeman s’entoure d’un éventail de talents hors normes, incluant l’auteur-compositeur de folk orchestral Sam Amidon et le saxophoniste jazz ambient Sam Gendel. Au cœur de l’ensemble, la capacité de Lindeman à se retirer et à laisser le silence prendre brièvement le dessus reste aussi saisissante que ses moments vocaux les plus virtuoses. Sur le plan des textes, elle reprend là où elle s’était arrêtée sur les deux précédents albums de The Weather Station, délaissant la menace grandissante des changements climatiques pour explorer un épisode de dépersonnalisation qu’elle a vécu en réfléchissant aux maux toujours changeants du monde.
Il en résulte un album contemplatif et introspectif, où Lindeman évite les réponses faciles et semble plutôt canaliser son processus de réflexion en temps réel. « I don’t know quite where to begin » [librement : « Je sais pas vraiment par où commencer »], chante-t-elle sur « Sewing », morceau de clôture doucement dévastateur porté par des percussions légères et un piano mélancolique. « I know it don’t look like I’m doing anything » [librement : « Je sais qu’on dirait que je fais rien »]. Bien au contraire.
Tracks
1. Descent
2. Neon Signs
3. Mirror
4. Window
5. Passage
6. Body Moves
7. Ribbon
8. Fleuve
9. Humanhood
10. Irreversible Damage
11. Lonely
12. Aurora
13. Sewing